Catherine Breillat est née à Bressuire, dans les Deux-Sèvres, le 13 juillet 1948. Elle grandit auprès d'une sœur complice, Marie-Hélène, qui, plus tard, deviendra comédienne, notamment chez Bertolucci. Passionnée de littérature, Catherine commence à écrire très jeune. Elle débarque à Paris à 16 ans, avec sa sœur et un premier roman sous le bras, "L'homme facile", qui sera édité deux ans plus tard, pendant les évenements de mai 68. Le caractère sulfureux de cette première œuvre voit le jeune auteur se faire immédiatement remarquer, jusqu'à devenir un véritable phénomène littéraire. Elle enchaîne trois livres : "Le silence, après..." en 1971, la pièce de théâtre en alexandrins "Les vêtements de mer", puis un autre roman, "Le soupirail". C'est l'époque où Catherine Breillat fait la rencontre d'André Génovès, un producteur qui cherche à monter un film érotique sous caution littéraire. Il lui propose d'adapter son dernier livre, qui deviendra, au cinéma, Une vraie jeune fille, les aventures d'une jeune fille qui rentre chez ses parents pendant les vacances d'été et qui découvre le sexe en même temps qu'un certain dégoût de soi. Pourtant tourné en pleine vague des films X, le film, qui comporte plusieurs scènes pornographiques, ne sort pas suite à la faillite du producteur. Trois ans plus tard sortent simultanément Tapage nocture, avec Dominique Laffin, Marie-Hélène Breillat et Joe Dallessandro, et le livre dont le film est tiré. Plutôt intimiste, l'histoire est celle des amours de deux metteurs en scène au chômage. Par la suite, Catherine Breillat devient scénariste professionnelle, reléguant sa carrière de cinéaste au second plan. Elle travaille sur les scénarios de Et vogue le navire de Fellini, de Police de Pialat, de Milan noir de Ronald Chammah ainsi que de Zanzibar de Christine Pascal, avant de revenir à la mise en scène avec 36 fillette, et encore une fois tiré d'un de ses romans. Sale comme un ange, tourné en 1990, est un polar très noir, avec Claude Brasseur dans le rôle d'un policier solitaire. Un film tiré d'un scénario refusé par Maurice Pialat à l'époque de l'écriture de Police. Poursuivant sa carrière de scénariste en marge de films qui séduisent la critique mais pas nécessairement le public, Catherine Breillat s'attèle aux scripts de films très différents, de la comédie sociale La thune à la romance littéraire Couples et amants. Après un court métrage (Aux Niçois qui mal y pensent) dans le cadre du film collectif, A propos de Nice, la suite, la réalisatrice obtient son premier vrai succès public avec Parfait amour !, qui fait connaître Isabelle Renauld dans le rôle d'une femme de 40 ans séduite par un jeune homme. Le film, qui se termine dans une scène très dure, entre érotisme hard et bain de sang, défraye la chronique et sucite quelques indignations. Mais ce n'est rien en comparaison des réactions engendrées par la sortie de Romance, deux ans plus tard, qui manque être classé X par les autorités. Y figure une jeune femme (Caroline Ducey) frustrée par l'impuissance de son amant et qui décide de “prendre son corps en main”. La présence de Rocco Siffredi, star du X, et d'une scène d'amour non simulée font de Romance un phénomène de société au sujet duquel chacun doit bientôt avoir un avis. C'est alors l'occasion de ressortir des abymes Une vraie jeune fille, permettant enfin de découvrir un film fascinant et dérangeant, véritable ovni au milieu de la production pornographique courante des années 70. Avec A ma sœur !, son septième long métrage, Catherine Breillat continue ses variations sur les amours adolescentes, entre les affres du désir et les enjeux de la séduction.
Filmographie : 1 films
1976 - Une vraie jeune fille1979 - Tapage nocturne1988 - 36 fillette1990 - Sale comme un ange1995 - A propos de Nice, la suite (un sketch)